lundi 16 octobre 2017

Zéro Déchet : j'ai testé pour vous.... Day by day

Day by day c'est une franchise d’épicerie de proximité qui propose uniquement des produits en vrac.
Le principe, vous venez avec vos contenants que vous remplissez avec vos p'tites mains (et des pelles) et comme ça vous n'avez plus d'emballages.

Quand l'épicerie a ouvert autant vous dire que j'y ai foncé. Enfin j'allais pouvoir mettre un coup de boost à la réduction de mes déchets !
Après plusieurs mois, qu'en est-il de mon expérience ?

Les + 
- Et ben.... pas d'emballages ! Et ça c'est un super plus + quand même !
- on gère ses quantités. Ce que j'apprécie moi, c'est que du coup ça rentre pile poil dans mes bocaux (j'ai pas un reste de sachet qui traîne à côté, je déteste ça) et ça évite d'avoir des stocks pour tenir un siège de 6 ans.
- l’épicerie est bien achalandée et les nouveaux produits affluent. Produits alimentaires secs (riz, pâtes, graines en tout genre), huiles, vinaigres, vins, thés, café (en grains, à moudre sur place selon la machine que l'on possède à la maison sivouplé !), produits d'hygiène, entretien, cosmétiques, savonnerie, farines, sucres, chocolaterie et confiserie, jusqu'aux croquettes pour chat. A chaque fois que j'y passe, je découvre d'autres choses et petit à petit je réduit les zones d'emballages de ma maison. On attend avec impatience les rouleaux de papier WC
- Ambiance petit commerce. Le vendeur est très sympa, on discute, on échange, parfois même entre clients. Ça change du "Bonjour/bip/bip" à la caisse des supermarchés.
- non seulement c'est (presque) Zéro Déchet mais en plus globalement les produits sont de qualités et fabriqués sans trop de produits toxiques (voire sans produits toxiques du tout). En tous cas toutes les compositions sont indiquées.

Les - 
- il n'y a pas de produits frais hormis des œufs. Donc dans l'alimentaire, l'impact zéro déchet est limité.
- on est obligé d'acheter les primo-emballages des produits d'entretien ... Et ils sont en plastique. :-(. Même pour le vinaigre blanc.
- Ça reste une franchise qui travaille avec de gros fournisseurs et qui ne va pas faire marcher le local. Du coup je tanne ma ferme bio pour qu'elle se mette au vrac. Ce qu'ils essayent de faire.
- Ça manque parfois de bio sur certains produits. A ce sujet, l'étiquetage est très visible : orange pour le non bio et vert pour le bio. Le souci c'est que parfois l’alternative bio n'existe pas.
- certains produits sont conditionnés en gros volume mais dans du plastique. Du coup le bicarbonate je l'achète en magasin bio où l'emballage est un papier. Idem pour l'huile d'olive qu'une obscure réglementation interdit de vendre en vrac apparemment et qui est vendue en cubi. Du coup je reste aux bouteilles en verre. C'est le cas d'une minorité de produits mais c'est dommage.

Les - mais...
- Comment sont conditionnés les produits à la base ? Les liquides sont livrés au magasin en très gros bidons mais globalement, les produits arrivent emballés et en cartons moyens pour certains. Après discussion avec le vendeur, sur Paris, les épicerie renvoient à la centrale directement les contenants du magasin pour qu'ils soient remplis : donc zéro emballage entre les deux. ils sont en test pour essayer d'étendre ça à la province.
- C'est plus cher. On a beau dire "le prix des emballages en moins", "je ne prend que ce que je consomme". Je paye mes courses plus cher qu'en supermarché. Après comme dit plus haut, la qualité est aussi plus élevée. Et je dois avouer que parfois après coup je relativise :
  > le vinaigre blanc à 3€ le litre ! 3€ le litre ! Je le touche à 0.60€ en supermarché !! Il est fait avec du bourbon ou quoi ??? --> non mais c'est du vinaigre à 14° contre 6° habituellement. Autrement dit je peux en utiliser deux fois moins. Ça me ramène à 1.30€ le litre. Ça reste beaucoup plus cher qu'en supermarché mais c'est moins violent...
  > Les croquettes pour chat à 10.50€ du kg. Ça, ça fait mal. Bah oui mais ce sont des PROPLAN. Vous savez, celles qu'on trouve chez les vétos et que je n'ai jamais acheté parce que "Sérieux ! C'est quoi ces prix !?" Bon, mes chats mangeront mieux (chats de riches va!) et surtout ils en mangent moins que quand c'était des Friskies. Ça reste super cher comparé à mon ancienne dépense mais....
  > Et je vous parlerai de la brosse à dent en bois dans un autre article ;-) 
  > de manière générale, comme l’épicerie s'en tient à l'essentiel, on est aussi beaucoup moins tentés par des achats compulsifs dispensables que dans un supermarché. 



Ça peut semblait faire pas mal de - et peu de + mais c'est surtout parce qu'il reste quelques points à affiners dans un concept globalement super intéressant et qui semble évoluer constamment.
Pour ma part en tous cas je suis une cliente assidue et entre ça et Carrefour ou Leclerc mon choix est fait. 


La charge mentale - le retour

J'ai dit que j'avais rédigé mon dernier article sur la charge mentale suite à une autre BD d'Emma. Je lui avais même envoyé pour lui "donner du baume au cœur".
En le relisant, je me suis rendue compte qu'en fait, j'avais écrit un article exactement sur le modèle de ceux qui l'avaient chagriné.
J'écrivais un article pour les femmes en expliquant ce que J'avais fait pour m'aider moi-même et encore, j'écrivais même que j'avais participé à ma propre situation et que j'en étais donc responsable.
Autant dire que si elle a lu mon article, la pauvre Emma a du s'étrangler.

Quand j'ai réalisé cela, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser les choses en plan.
Disons que je me sens obligée de replacer mon article dans un contexte de pensée plus large.

Donc....


Soyons claires : ce qu'une femme subit d'injustice et d'inégalité au quotidien : à la maison, dans la rue, au travail, partout

CE    N'EST     PAAAAAS    NORMAL !

Ni acceptable ni justifiable ni rien du tout.

Et NON, on a pas demandé à ce que ce soit ainsi et OUI on le subit et OUI, il faudrait que les pouvoirs publics s'en mêlent vraiment et que les hommes aussi (accessoirement). Car oui :

C'est d'abord aux HOMMES de changer et pas à nous de nous adapter. 

 
Oui et re-oui !!


Maaaaiiiiiiiisssss.
(bah oui j'ai deux "mais).

Le premier "mais" porte sur la responsabilité des femmes.
Quand je dis "responsable", je ne dis pas que la situation est de notre faute. J'entends la responsabilité comme je l'avais abordé dans un précédent article

"En fait, de responsabilité, il faut entendre que nous ne contrôlons certes pas tout ce qui nous arrive mais que nous avons toujours une part de responsabilité dans la façon dont nous le vivons. 
C'est un message vraiment, vraiment important parce qu'il place la personne dans une position d'acteur de sa vie et non de victime permanente. 
Prendre conscience de cela donne de l'espoir mais nous oblige aussi à nous prendre en main, à ne pas se poser en victime et à ne pas se contenter d'accuser le sort et à attendre que tout nous tombe dessus. "

Article que je vous invite à (re)lire si vous voulez vraiment comprendre comment j'entends la chose.

Ce qui m'amène au deuxième "mais". 
A bien regarder, la plupart (toutes ?) des injustices depuis l'Histoire de l'Humanité ont été combattues par le soulèvement des victimes et pas par une prise de conscience des bourreaux.

Petit exercice des grandes figures qui vous viennent à l'esprit si je parle de :
- L'apartheid : Nelson Mandela (noir)
- l'indépendance de l'Inde : Gandhi (indien)
- le Tibet : le Dalaï-Lama (tibétain)
- la communauté afro-américaine : Malcom X, Luther King (noirs)
- l'empirisme romain : Vercingétorix (gaulois)
- le nazisme : la résistance, Jean Moulin, De Gaulle, Churchill (non nazis)
- la réduction des inégalités hommes/femmes : les suffragettes, le MLF, Simone de Beauvoir, Simone Veil, pour les grands classiques des années noir et blanc. Qu'il me soit permis d'ajouter Julie Victoire Daubié (beaucoup trop méconnue !). Bon y a bien une chanson de Renaud et de quelques autres par-ci par là mais, pas moult hommes. (Je ne dis pas qu'il n'y en a pas des hommes féministes ! Dieu Merci, il y en a : au point que récemment c'est une équipe d'hommes qui a j'en suis sûre, appris un paquet de choses sur leur propre clitoris à tout un tas de femmes)

Etc. Bref vous voyez où je veux en venir.
Le seul exemple qui me vient à l'esprit (sans trop réfléchir et sans faire de recherches poussées) de cas où les bourreaux se sont penchés sur le cas de leurs victimes c'est le Treizième amendement de la Constitution des États-Unis qui a abolit l'esclavagisme dans le pays, constitution qui à ma connaissance n'a été rédigée que par des blancs.

Conclusion : on a que deux options : 
- attendre que les pouvoirs publics, la pub, les Hommes, le cinéma, les médias prennent conscience des inégalités hommes/femmes et fassent bouger les choses 
ou - prendre les choses en main à notre niveau.

C'est un mouvement qui selon moi caractérise une partie de notre société : cet "individualisme engagé" ou "engagement individuel" plutôt, qui consiste à prendre conscience que la révolution commence par nous-mêmes et à amorcer dans nos vies les changements que l'on veut voir dans notre société. 
Si vous attendez que les pouvoirs publics et les grands acteurs du capitalisme agissent pour sauver notre planète du désastre vous pouvez toujours attendre longtemps. 
Alors c'est vrai que c'est usant. Ce sont toujours les mêmes qui prennent sur eux pour amorcer le changement, dans l'écologie, dans l'éducation, dans les inégalités raciales, sexistes, spécistes, etc. Contre vent et marées, contre l'opinion des autres (parfois au sein même de notre famille) et au prix de notre énergie.
Oui ça aussi c'est pas juste

Mais si on veut que le monde avance. A-t-on le choix ? 

Mon homme, je l'aime. Il est plein de défaut, comme moi, mais j'ai pas envie de vivre sans lui. Il n'est peut-être pas un parangon d'égalité dans mon foyer mais il en fait déjà beaucoup. Et puis aussi il croit en moi, il me soutient, me fait confiance, me fait rire, il supporte mes lubies de bobo illuminée idéaliste, parfois même (souvent) il m'aide à les réaliser.
Mais j'ai pas non plus envie d'attendre qu'il atteigne l'illumination pour réclamer l'égalité dans ma famille. 
Alors oui, j'en suis réduite à vous témoigner de comment moi je grignote les inégalités que je subis. Comment je me bataille, comment je bidouille au quotidien. 
(Comment je fais aussi super attention à la façon dont j'éduque mon fils et ma fille !)
Mais oui, c'est pas juste.


jeudi 12 octobre 2017

Se reconnecter aux enfants dans un quotidien débordé.

Je faisais le bilan il y a peu de mon lâcher prise sur l'éducation bienveillante avec des devoirs à faire notamment :
- en matière de communication bienveillant et de gestion de la fratrie : je m'en sors pas mal et je m'attaque au papa.
- en temps passé avec mes enfants :........ Je plaide coupable.

Grosse prise de conscience dimanche dernier : pas de sortie de prévue, c'est une journée à la maison. Mon mari souffre d'une rage de dents et j'ai mes lunes (super impactant niveau fatigue). nous avons "plein de choses à faire" et zéro motivation. Notre solution ? Les enfants auront consommé l'équivalent de la dose télé hebdomadaire en une journée : matin après-midi et soir (je vous dis pas la galère pour les coucher après ça....) et je réalise avec inquiétude que j'ai passé la journée à me demander comment j'allais les occuper.

Hou ! Que je n'aime pas cette phrase là : "Comment je vais les occuper ?".
Pour moi elle traduit qu'il y a une rupture dans "l’harmonie familiale".
Comment vous expliquer ça simplement ?
1 : ça sous entend que j'ai envie de me débarrasser d'eux et/ ou que je n'ai pas super envie de passer du temps avec eux.
2 : ça sous entend qu'ils ne s'occupent pas tout seul. Parce que oui, je ne sais pas si j'ai raison mais, je me dis que dans d'autres cultures on ne se demande pas comment on va "occuper ses enfants" : ils vivent leur vie, point. 

Je n'ai pas aimé ce dimanche, je n'aime pas avoir le sentiment qu'il me faut traverser ces journées avec mes enfants comme une épreuve à endurer. Et pourtant à bien y réfléchir, ça fait un bout de temps que ça dure.



A vraiment bien y réfléchir, c'est devenu assez récurrent depuis mon entrée dans le minimalisme et le zéro déchet.
Je vous disais que mon passage par la case Pichon m'avait surboosté au niveau motivation pour faire entrer l'écologie dans notre quotidien. C'est même plus que ça en fait c'est que je ne supporte plus l'idée de participer à ce génocide en règle que nous faisons subir à la planète.
Sauf que motivée ou pas, ça me prend du temps.

Partons d'un truc tout bête :  les courses : je ne mets presque plus un orteil au supermarché et je ne ferais marche arrière pour rien au monde mais ça avait au moins l'avantage de me faire faire mes courses à un seul endroit ! Mieux même, je faisais des Drive hors heures de pointes (pendant ma pause de midi) tous les 15 jours + un arrêt chez Grand frais pour les légumes et une fois par mois un stop au magasin bio pour l'entretien de la maison.

Aujourd'hui mes courses sont devenues hebdomadaires : le jeudi entre midi je pars à vélo (écolo-écolo - attation !) acheter ce qu'il faut à l'épicerie sans emballages (article la semaine prochaine -promis, il est déjà rédigé ^_^), le vendredi entre midi je vais à la ferme bio où Charlie travaille pour acheter nos légumes. Mon mari se coltine le supermarché pour ce que nous achetons encore là-bas.

Du coup nous n'avons plus rien de tout prêt à manger. Donc tous les soirs il faut cuisiner (pas juste "faire à manger" .... cuisiner) .
En plus nous avons changé notre alimentation et on se végétarise voire véganise de plus en plus. Il faut donc penser les menus dans une alimentation pour laquelle nous avons peu de repères.
Le fait que j'essaye de faire moi-même tous les goûters des gamins ça m'a achevé.

Ajoutez à cela le fait que je travaille et que je suis TOUJOURS en train de vider ma maison !! Mais quand est-ce que ça va s'arrêter !!!
Ben oui, chaque fois qu'on change d'habitude on se débarrasse de certaines choses ou on se rééquipe. Du coup il faut leur retrouver une place, repenser les rangements.
Et puis on modifie la maison tous les 4 matins : la télé est redescendue au salon pour libérer la dernière chambre pour Raoudi, entre temps on a aussi installé des toilettes sèches ---> chamboulements, tri, nouvel équipement, organisation, etc.

Bon, et où je case mes enfants dans tout ça ?



Mercredi c'était journée sans sortie aussi. Même pas de danse pour la pépette, la prof étant malade. Mais entre temps j'avais pris le taureau par les cornes.

Mardi soir : grosse discussion avec le papa sur le fait que j'en ai marre qu'il se paye des jours off avec ultra grasse matinée quand je suis là. C'est injuste, je n'en veux plus.

Donc mercredi matin, c'est Papa-san qui se lève le premier pour gérer Minimog qui exceptionnellement va à l'école car il y a photo de classe. Nous déjeunons à 3, Raoudi se lève mais je suis encore en pyjama quand Papa-san emmène Minimog à l'école.

Lesson One : nous supervisons cette famille à DEUX. Donc inclure Papa-san au lieu de tout faire toute seule, encore et encore, encore. Combat quotidien.    

Il revient et s'attaque au jardin. Je décide alors que je vais aller jouer avec mon fils dans sa chambre qui est toujours désertée. Nous passons une bonne heure à jouer ensemble et je redécouvre avec fierté à quel point mon p'tit bouchon en a dans la tête.
A deux ans, Minimog parlait presque comme un livre. Au même âge Raoudi commence à prononcer des mots intelligibles. Ça ne nous chagrine aucunement mais comme le faisaient beaucoup de personnes avec mon aînée, qui s'exclamaient qu'elle était en avaAAance, parce qu'elle s'exprimait bien, j'ai tendance à ne pas réaliser tout ce qui se passe dans la tête de mon cadet et qu'il n'est pas en mesure d'exprimer.
Et ben oui, pour se faire,  il faut passer du temps avec lui !!
Bonus énorme : nous sommes seuls dans la maison : c'est le moment idéal pour dégainer un truc qu'il adore : les instruments de musique !

Vers 10h je constate que la chambre de Minimog échappe régulièrement au ménage de Papa-san, et j'ai envie de lui donner un bon coup de rangement et de balai. Je le fais sans aucun souci, au son des chansons de Disney, pendant que mon fils s'occupe à côté pendant près de 3/4 d'heures. Il "m'aide" à faire le ménage, s'amuse à grimper sur le lit de sa sœur, s’initie au coloriage sur son bureau. Je suis tranquille.
Ah ben oui vu qu'il a passé du temps avec maman juste avant !

Lesson two : se rappeler que nourrir le besoin de présence des enfants en premier c'est se dégager de la tranquillité par la suite. Et c'est plus efficace que de remettre ce besoin à plus tard en sachant que leur demande, elle, perdure.

11h30 : Nous allons chercher Minimog: repas de midi vite réalisé puisque j'avais prévu de plus grosses quantités la veille.

13h : séance télé. Elle aura lieu de toutes façons, nous sommes une famille avec télé. Avant je la gardais pour la sieste de Raoudi afin qu'il ne regarde pas trop les écrans et pour "être tranquille" pendant ce temps. Finalement tant pis, Raoudi aura des écrans à deux ans (comme sa sœur). Mais pendant qu'ils sont scotchés je donne un coup de propre à ma cuisine et finalement, Raoudi s'endort dans mes bras.

Miracle !!! Comme j'ai rangé pendant la pause télé, je peux proposer à Minimog de faire un jeu à deux ! Finalement elle construira des trucs en Lego pendant qu'à côté je refais son attrapeur de rêve (Et un truc de barré sur ma to-do list : Un !). Peu importe, ma présence affective est effective.

Raoudi se réveille et Papa-san descend du jardin. Il s'est pris un violent retour de branche dans l'arcade sourcilière et il est un peu sonné + saignements + grosse bosse. Comme Raoudi a le réveil ronchon c'est.... Minimog qui prendra soin de son papa : avec enthousiasme et fierté.

Lesson three : se rappeler qu'au sein d'une famille nous pouvons tous prendre soin les uns des autres, quelque soit notre âge. Ce n'est pas l'apanage de la maman.

Tiens, puisque papa est là et qu'il va mieux, il va prendre le relais pendant que je teste la dernière recette de cookies vegan d'Elsa Coquelipop. ;-)

Voir lesson one.

En attendant, les enfants qui ont faim mangent des pommes et des dates.

Lesson four : réserver les "gouters gâteaux" seulement pour les moments où les goûters simples ne sont pas praticables (où si on a le temps de satisfaire un petit accès de gourmandise). Il y a tellement de goûters qui ne demandent aucune préparation !!! 

16h : nous partons au jardin avec Papa-san. Pendant que Minimog s'occupe des poules avec Papa, je vide les composts. Papa-san me fait voir les dernières avancées, m'explique ses aménagements, on discute de l'implantation des arbustes à planter. Et Raoudi fait sa vie.

Lesson five : que ça fait du bien d'être dans mon jardin !!! On devrait vraiment y passer plus de temps. 

16h30 : nous partons en promenade avec les enfants. Grimpette sur le tas de pierres du voisin, grimpette aux arbres, étude des panneaux du sentier historique avec Minimog (je réalise qu'elle l'a déjà fait avec son papa et qu'elle est parfaitement capable de situer les villages du secteur sur la carte du panorama), cueillette des quelques grappes de raisin ayant échappé à la récolte vigneronne. Puis les enfants joueront devant la maison jusqu'à 18h30 avec le chaton de la voisine pendant que je tisse et que Papa-San fait à manger.

Lesson one
+ lesson two
+ lesson six : j'avais oublié à quel point j'aimais passer du temps avec mes enfants.
+ lesson six-bis : qu'est-ce que j'en apprend sur mes enfants quand je passe du temps avec eux !
+ lesson seven : depuis quand je n'ai pas pris de photos de mes gosses, de notre vie et de la nature en automne ? 

19h/ 19h30 : nous avons mangé, j'emmène Raoudi à la douche, Minimog joue aux legos avec son papa pendant ce temps.

Vers 20h00 :  j'emmène Minimog au lit. Elle demande à se qu'on se raconte des contes improvisés qui font peur dans ma chambre dans le noir. Comme Raoudi interprète ça comme : "c'est l'heure d'aller au lit", il s'enfuit voir son papa. Pendant qu'on entend mon fils et son père rigoler je passe un temps de partage de contes avec ma fille. <3 <3 <3

20h30 : Déjà !!! Houlà , il est l'heure d'aller au lit. Papa-san s'occupe de coucher sa fille et moi je récupère mon fiston. un peu de rangement, lectures du soir et puis
21h : dodo pour nous deux (j'ai opté pour le "couche tôt lève tôt" pour avoir un temps au calme et seule le matin pour faire ce que j'ai à faire tranquillement).

Et ben ! Quelle belle journée.
C'était pas si dur en fait.
On peut le refaire je pense.
Non  ?

mardi 10 octobre 2017

Zéro déchet : j'ai testé pour vous... la famille Pichon ! ^_^

Ah ouais parce que moi j'étais une rebelle.
Le Zéro Déchet je m'y suis lancée avant le buzz Famille Pichon et je faisais très bien sans eux. Na !

Oui enfin c'est ce que je croyais.
Et puis j'ai bien vu qu'à un moment donné j'avais beau faire, ma poubelle à moi remplit carrément plus qu'un bocal. Ou que dix bocaux.

Alors j'ai cédé, et j'ai emprunté le livre de la Pichon Familly à la bibliothèque.


Et tant qu'à faire, puisque l'occasion m'était donnée, je me suis rendue à la conférence de Papa Pichon, organisée à deux pas de chez moi pratiquement la même semaine.
Je l'aurais bien testé pour vous parce qu'il est assez mignon le monsieur mais non, c'était sa bonne parole et surtout de son expérience dont j'étais venue profiter et pas de son corps de surfer bronzé.

Ma grande crainte c'était : vais-je apprendre quelque chose de plus que ce que je collecte déjà depuis 4 ans d'efforts ?

Et bien.... OUI !


Le livre (Ze guide pardon ! ):

- Il est écrit sur un ton très détendu et terre à terre (très bloguesque d'ailleurs) et il est franchement drôle et agréable à lire.
- Le contenu est intéressant et équilibré : les sujets sont assez bien creusés pour que l'info soit valable mais on essaye pas de vous marteler un message relou pendant des pages et des pages. C'est intéressant pour soi mais aussi pour aider à trouver des arguments quand il s'agit d’expliquer sa démarche à d'autres personnes plus.... Dubitatives.
- Il est orienté "constructif" : encourageant, relativisant et pas culpabilisant et ça je trouve que c'est la meilleure approche qui soit.
- Il ratisse large (la maison, le jardin mais aussi les courses, les fiestas et j'en passe)
- Il est bien construit. (De mémoire parce que j'ai rendu le livre des semaines avant de faire ma chronique...) chaque sujet est introduit par une partie "sensibilisation" (la pollution générée, les produit toxiques, etc.) avant que l'on nous présente les trucs / astuces / recettes pour consommer moins et mieux. Ces dernières sont souvent simples à réaliser, et se font sur une base d’ingrédients simples également à réutiliser de diverses façons. On termine par une battle avant/après en terme de génération de déchets et de dépenses. Sur ce point je leur tire mon chapeau parce que soit c'est fait au pif, soit ils se sont bien pris la tête à évaluer leurs consommation à l'année avec et sans zéro déchet.
- Le tout est agrémenté des dessins rigolos de Mme Pichon qui rendent la lecture encore plus agréable.

Est-ce qu'il vaut ses 15 euros ? Je dirais que oui parce que je pense que c'est le genre de livre dans lequel on remet le nez, d'autant que le zéro déchet c'est un travail de longue haleine et c'est progressif. Et surtout on peut le prêter autour de soi et tenter de faire des émules ou de soutenir des vocations.
Après si votre bibliothèque municipale est aussi bien achalandée que la mienne, jetez-y un œil d'abord pour voir si l'achat à long terme vous satisferait (ça éviterait un déchet inutile ;-) )


La conférence.

Est-ce qu'elle en vaut la peine ? Surtout quand on a (fraîchement) lu le bouquin.
Et bien... re-OUI !

Autant le livre m'intéressait plus au niveau "pratique" et j'ai un peu survolé la partie "sensibilisation", autant la conférence m'a beaucoup touché au niveau de la sensibilisation.
En fait, elle m'a fait réalisé que chaque morceau de plastique que je consomme est un déchet irrécupérable pour la planète qui a des répercutions sur la faune, la flore, le climat, etc. CHAQUE . PETIT . DECHET.
Elle m'a fait réaliser aussi que chaque déchet produit n'est pas juste un déchet mais une source de production et de retraitement catastrophique pour l’environnement (ex : l'empreinte eau, ce truc dont on ne parle jamais : 2000l d'eau pour la fabrication d'un t-shirt, ça vous calme vos envies de shopping non ?).
Je croyais être consciente des choses mais.... Pas à ce point là. D'ailleurs je suis sortie de la conférence surboostée en motivation pour implanter le zéro déchet à la maison.
Les anecdotes de Jérémie Pichon sont aussi venues ponctuer avec légèreté mais intérêt ce constat macabre pour la planète (Zéro déchet même chez Paul ou dans le wagon restau du TGV... Fallait y penser !). Du coup j'en suis ressortie surboostée pour imposer mon Zéro déchet partout où je consommerai.
Et puis il y a la joie de voir que la conférence fait salle comble et qu'on est de plus en plus nombreux à se poser les mêmes questions et vouloir y apporter des réponses concrètes.
Le monsieur Pichon de la conférence étant le même monsieur Pichon que celui qui a écrit le livre rigolo, la conférence se passe à peut près sur le même ton ce qui, en plus, la rend très agréable à suivre.
Et du coup on en ressort pas avec un cafard monstre mais plutôt avec une pêche d'enfer en mode "si si je vais aider à changer le monde en mieux vous allez voir."

Donc est-ce qu'elle valait les 3 heures que ça m'a pris sur mon planning ? Oui, indéniablement.


Bon, ma poubelle ne fait toujours pas la taille d'un bocal de conserve, mais dans ma démarche Zéro Déchet il y a vraiment eu un avant et un après Famille Pichon. Autant sur l'aspect pratique ("Mais attends mais là ils font comment ? Aaaaah, comme çaaaaa !? Ah et pis ils font ça aussi ! Ah oui tiens, je n'y avais pas pensé"), que sur la motivation (et il  en faut!)
Famille dont je recommande la fréquentation (virtuelle du moins).
Y sont sympas, y z'ont de bonnes z'idées et mine de rien, ils ont lancé une vague de prise de conscience et d'action citoyenne qui prend de l'ampleur et qui peut avoir un vrai impact sur l'environnement.

Famille que vous retrouvez ici : www.famillezerodechet.com ou ici https://www.facebook.com/famillezerodechet/
Et vous pouvez rejoindre la communauté ici : https://www.facebook.com/famillezerodechet/

A noter que Ze guide a un petit frère destiné aux enfants.
Je l''ai seulement feuilleté à la conférence et qui est à destination d'enfants plus âgés que les miens.  Mais il m'avait l'air, lui aussi, bien sympathique et je salue l’initiative : à la fois parce que le Zéro Déchet en famille ce n'est pas que l'apanage des parents. Et puis aussi parce que les initiatives qui tentent à responsabiliser les enfants et les considérer comme acteurs du monde sont toujours les bienvenues.




Premiers pas en permaculture #4 - la permaculture c'est avant tout un état d'esprit.

La permaculture telle que je la vois aujourd'hui, ce n'est pas une suite de techniques. C'est avant tout un nouveau regard sur la façon dont nous envisageons notre rapport à la Nature.

C'est arrêter de penser la Terre comme un frigo à exploiter ou comme une maison à customiser à sa guise.

C'est reconsidérer notre rôle dans ce rapport : à la fois infime de part la petitesse de nos compétences et de notre rôle par rapport à Mère Nature, à la fois important puisque chacun de nos actes l'impactent en bien ou en mal.

C'est avant tout se laisser habiter par la gratitude. Que cette gratitude imprègne chacun de nos gestes envers elle.
Chaque main que nous tendons vers la Terre devrait vouloir dire "merci".

Et puis la gratitude, c'est la garantie d'être heureux. Plutôt que de geindre que mes roses trémières ne prennent pas à l'endroit où je les ai planté ou que les chenilles ont mangé mes salades, c'est ce sentir comblé de pouvoir observer ces fleurs des champs aux couleurs éclatantes et aux formes raffinées, c'est savourer les framboises et les mirabelles que l'on déguste toutes fraiches.
C'est réaliser que tout cela nous est donné entièrement et sans condition.
Que cela pourrait ne pas être.
Que cela pourrait ne plus être.
Et que l'on a une sacrée chance d'être là on l'on est.  


Merci.

mardi 26 septembre 2017

Premiers pas en permaculture #3 - s'intégrer dans le vivant / les gardiens de la Terre


Quand nous avons pris "possession" de notre terrain, nous ne sommes pas arrivés comme des barbares avec des envies bien déterminées et la binette en main .

La premières année, nous sommes assez peu intervenus sur le terrain et nous avons tout d'abord observé. Qu'y avait-il déjà sur place ?
C'est ainsi que :
- nous avons vu grandir avec intrigue et intérêt des tiges rougeâtres que nous n'arrivions à identifier à l'endroit où nous pensions construire une terrasse et qui s’avéraient être des buissons de pivoine bordeaux, roses et blancs qui ont explosé dans tout l'avant du jardin.
- nous avons eu la joie de nous trouver inondés de perces-neige en février.
- nous avons découvert tout un tas de fourmilières qui se partageaient le terrain (des grosses noires, des rousses et des jaunes), après avoir lu "Les Fourmis" de Bernard Werber, je ne pouvais qu'imaginer avec passion les guerres, les conquêtes, les et autres drames historiques qui se passaient à l'échelle microscopique dans notre jardin.

Cela nous a permis:
- de connaitre le terrain que nous occupons, comme on apprendrait à connaitre son voisin "bonjour, on est les nouveaux venus, essayons de vivre ensemble en bonne harmonie".
- d'en connaitre les ressources préexistantes (et il y en a beaucoup ! )
- de chercher à intégrer nos envies et besoins en perturbant a minima ce qui est déjà sur place.


Au lieu d'un seul potager sur un large espace, nous avons préféré des bandes disparates qui n'usent pas la Terre au même endroit et qui profitent des bienfaits de la faune et la flore qui existent à proximité.

Tout cela s’intègre dans une vision différente de notre rapport à la Terre.
Aujourd’hui je ne considère plus que c'est MON terrain. Selon la loi des Hommes occidentaux, ce terrain est à moi, oui, parce que j'ai donné de l'argent pour en avoir l'usufruit.
Selon la loi de la Nature, ce terrain je le partage avec une faune, une flore, qui étaient là bien avant moi, qui sera là bien après moi et qui fonctionne selon un équilibre parfait qui dépasse mes compétences humaines.
Quand on y pense, c'est débile de penser que ce terrain m'appartient tant cette surface que j'exploite dépend d 'un écosystème qui va du centre de la terre jusqu'au confins du ciel et même au delà.
Tout cela est-il à moi ? Pas plus que ce n'est à tout ce qui peuple l'univers.

Aussi désormais je nous considère comme les gardiens de ce bout de terre et non comme ses propriétaires.
Nous l'exploitons mais nous avons le devoir d'en prendre soin.

Après, il serait malhonnête de dire que nous ne touchons à rien. A partir du moment où nous imprégnions notre empreinte humaine, nous perturbons l'écosystème en place. 
Mais nous tentons de le faire le moins possible et si nous récréons un écosystème, nous veillons à ce qu'il soit le plus possible conforme à ce qui est déjà sur place et à l'univers dans lequel nous l'intégrons.

C'est une démarche qui est intéressée ceci dit. Toutes ces plantes, ces arbres, ces mousses, ces bêtes qui peuplent notre jardin participent à sa fertilité, sa beauté, sa bonne santé. Et nous en profitons aussi.

Mes enfants peuvent observer une fourmilière sans aucun effort
Nos légumes ont du goût et sont gorgés de bonnes vitamines
Nous n'avons pas besoin d'engrais ni de pesticides
Nous avons tout un tas de plantes intéressantes et/ou belles à portée de main. 

Moralité : La Terre, c'est ton amie. Sois gentil(le) avec elle, elle te le rendra bien ;-) .

La fourmilière préférée des enfants.













lundi 25 septembre 2017

Comment j'ai réduit ma charge mentale

**ALERTE ARTICLE A RALLONGE**

Je vous avais partagé la désormais ultra connue BD d'Emma sur la charge parentale. En revenant sur sa page j'ai eu la tristesse de voir une autre BD "La faute des femmes", où elle évoquait à regret les suites très décevantes du buzz qu'a connu sa BD.

J'ai depuis pas mal de temps en tête d’écrire un article sur ce que j'ai changé dans mon quotidien suite à la lecture de sa BD, mais je l'avais mis de côté.
"La faute des femmes" m'a motivé à mettre la main au clavier.


Le triste constat que l'on peut faire d'emblée c'est que je viens d'écrire : "ce que J'ai changé dans mon quotidien". Parce que oui, malheureusement l'initiative est venue de moi seule sur ce coup.
Lorsque j'ai montré la BD à mon homme, en lieu et place de la révélation à laquelle je m'attendais, il n'a eu.... aucune réaction.
Mécommensépossible ???
Alors je suis revenue à la charge et s'en est suivie une prise de tête constellée de joyeusetés comme "ta BD de *BIP*"...
Bref, c'est pas sur ce coup-là que je décernerai la médaille du féminisme à mon homme.

Mais j'ai persisté et j'ai pris les choses en main, en 8 points que voici :

Number 1 : Papa-san au foyer

Suite à mon burn-out il a bien fallu qu'on revoit notre organisation familiale et au vu de tout le mal qui était généré par son travail, j'ai fini par dire à mon homme que c'était sa boîte, ou moi.
Ce n'était pas une menace en l'air, je n'en pouvais vraiment plus. Et mon homme sait que je ne menace pas souvent et jamais sans raison.
Quelques mois de préparation et d'économie pécuniaires plus tard, je reprend à 80% et lui partait sur un licenciement à l'amiable pour une vie de papa au foyer.
D'emblée je peux le dire : RIEN ne vaut cette expérience. RIEN ne fera plus prendre conscience à un homme (a fortiori un papa) de ce que c'est qu'une vie de femme (a fortiori de maman) que de vivre cette vie de maman. Même temporairement.

Et encore : il a la belle vie, car nous avons décidé de laisser la garde des enfants telle qu'elle était avant ma reprise les vendredis. Il dispose donc des lundis, mardis et jeudis pour s'occuper de la maison, du jardin, des bagnoles, et de tout un tas d'autres trucs sans les enfants.

Et encore : je reste dépositaire de la mission "courses" (le zéro déchet est à ce prix), je fais la plupart des repas (mais ça évolue !) et le mercredi c'est franchement moi qui m'occupe des gamins.
En fait à chaque fois que je suis là, la "charge" me revient illico, à commencer par le réveil de l'Homme qui semble ne plus fonctionner dès lors que maman ne part pas au boulot...
Choses dont je m’accommode pas trop mal puisque :
1- j'AIME passer du temps avec ma progéniture (bah oui...).
2- de toutes façons quand mes enfants sont réveillés je suis réveillée aussi (putain d'instinct maternel...)
Mais il persiste un petit sentiment d'injustice sur lequel on travaille...

Et encore, quand on me demande "Quand est-ce qu'il va retravailler ?", je répond qu'il travaille... à la maison, même s'il n'est pas employé. Car il est loin de passer ses journées avachi dans le canapé et je trouve important de le souligner. Aurait-il eu la même considération si nos situations étaient inversées ?

Bénéfice collatéral : nos projets avancent 10 fois plus vite depuis qu'il bosse à la maison. Lui qui ne jurait que par la valeur "travail/argent" il adore. Les enfants sont ravis et ont franchement renoué les liens avec leur papa. 


Number 2 : une tâche à la fois

Vous ne vous êtes pas reconnue vous, dans cette partie où la femme décide de ranger sa table basse ?
Vous savez..... ça !


Chose que les hommes ne font pas. Vous leur demandez de mettre la table : si en y allant ils croisent une chaussette sale au sol ils n'iront pas la mettre au linge sale.

J'ai fini par me dire que plutôt que de blâmer mon homme de ne pas faire comme moi, j'aurais tout intérêt à plutôt faire comme lui.

.... C'est dur au début ! Les réflexes ont la vie dure.
Mais je me suis accrochée et désormais, je m'attaque à une chose à la fois.
Bon de toutes façons, depuis mon burn out mon cerveau est doté d'une option "mise en sécurité" (un peu comme une chaudière) : si je le charge trop, il sature et déconnecte et je me retrouve hagarde au milieu du salon à ne même plus savoir pourquoi je suis là.
Donc j'étais un peu "obligée" d'en venir à ça.
Mais c'est sans regret.

Déjà je fais mieux : 10 minutes par jour sur un spot précis fonctionne beaucoup mieux que de vouloir ranger la maison en entier d'un coup (n'est-ce pas Gwen ;-) ? ). 
Ensuite, j'en fais moins car oui, ce que je ne fais pas, au bout d'un moment, miracle ! - il le fait.
Et si personne ne le fait...; et bien tant pis !

J'ai fini par me dire aussi que ce ne sont pas mes journées qui sont trop courtes, c'est ce que je mets dedans qui est trop gros.
Alors je me simplifie la vie (MERCI à la sobriété heureuse ! Moins on en a, moins on en fait) et je dédramatise.
Ok, il y a du bazar au salon, ok les chambres mériteraient un coup d'aspi, ok la panière à linge déborde. Mais là, moi, j'en fait assez. Et ô miracle-bis, il se trouve toujours un moment dans la semaine où je suis motivée, où le moment s'y prête et où tout ce qui restait sera fait en 30 minutes montre en main, par moi ou ... par lui. Ou par les deux.

Number 3 : je ne pense plus à sa place

Ouuuh, ça aussi ce fut dur !
Le plus dur ce fut lors de ses débuts de papa au foyer quand il fut chargé du quotidien des enfants.
C'est ainsi que le premier matin de sa nouvelle vie, au moment où je pars au travail (vers 7h30), mon homme me demande négligemment :
" L'école c'est à quelle heure au fait ?
- Et ben heureusement que tu t'en inquiètes avant que je sois dans la voiture ! ^_^ 8h30.
- Ok ! Oh ben j'aurais pu me lever plus tard ...
- (hinhin)
- et ça fini à quelle heure ?
- (11h45) (stop!) (- grosse respiration -) tu sais quoi ? Demande à la maitresse. Allez à ce soir !

Le soir :
"Demain je dois aller au Luxembourg chercher un papier au boulot
- Avec les gosses ? Ça va faire un sacré trajet !
- Avec les gosses ?
- Demain on est vendredi, je te rappelle que les gamins ne vont pas chez la nounou.
- Ah m**********de ! J'avais zappé
- (déjà...) - (vite j'appelle la nounou pour savoir si elle peut prendre les gosses) (euh attends, non ! C'est à LUI de gérer ça !) --> Ben, appelle la nounou et vois si elle peut garder les gosses.
- J'ai pas son numéro.
- (la nounou qui garde nos enfants depuis CINQ fucking ANNEES) (attends je te le donne) (non j'ai mieux : hinhin!) il est dans mon portable.
- pffff je me débrouillerai.
(du coup je crois bien qu'il n'a toujours PAS le numéro de la nounou...)

J'ai aussi dû me retenir de l'appeler tous les matins pour être certaine qu'il s'était bien réveillé quand j'entendais le réveil sonner dans le vent depuis 10 minutes au moment de partir au boulot. Et tout un tas d'autres choses.

Et au final, oui : il se débrouille. Minimog n'a jamais manqué l'école, il a emmené les gosses au Luxembourg où les anciennes collègues de papa les ont gavés de pain, de croissants et de foccacia. D'ailleurs ils les prend partout avec lui quand il doit faire quelque chose et je trouve ça super.

Je l'aide toujours un peu par moment :
" Quand est la réunion de rentrée ?
- 'chais pas !
- c'est pas écrit sur la porte de la classe ?
- Ah ? Ben chais pas, je lis pas les panneaux. Je savais pas qu'il fallait les lire.
- Mon cœur, dans la mesure où les gamins ne savent pas lire et que je doute que la maitresse s'affiche des mots à elle même en format A4 sur la porte de sa propre classe ...
- Ah ben oui...."

"Interro surprise ! Mardi qu'est-ce qu'il y a  ?
- Piscine !
- Nan ! C'est jeudi !
- Ah oui... La danse c'est mercredi... Elle va plus à l'anglais... chais plus !
- Théâtre ! 
- Ah ouiiii ! C'est où ?
- A la mairie
- Elle est où la mairie ?
- Sérieux ? Le gros trucs moderne qu'ils ont construit  à côté de l'église !!
- Ah c'est lààààà ? Et la salle elle est où ?
- Oh mais tu verras bien ! C'est la mairie d'un village de 200 habitants, y a pas 20 salles !
- C'est à quelle heure ?
- 16h30.
Et le mardi à 16h je reçois un SMS: "c ferme y a personne"
-_-....
Mais on progresse.


Number 4 : Etre responsable d'une situation que je cautionne par les actes

Autrement dit, arrêtez de faire comme si c'était à moi de tout assumer dans la maison.
Là c'est un effort personnel mais il est de taille.

Est-ce seulement à moi de gérer les papiers de la maison ?
Est-ce normal qu'il ne sache pas se servir de la machine à laver ?
Pourquoi suis-je la seule à remplir le lave-vaisselle ?
etc.

Désormais je n'hésite pas à inclure mon conjoint dans toutes ces tâches (inclus une formation express et forcée sur la machine à laver ainsi que 3 séances chez le psy pour lui prouver qu'elle ne mord pas).

Évidemment au début ça ne diminue pas ma fameuse "charge mentale" puisque c'est moi qui le sollicite. Mais je remarque que petit à petit, il s'intègre de lui-même dans tout un tas de choses dont il n'avait pas conscience avant et à raison puisque c'est toujours moi qui m'y collait.

Me convaincre que ce n'est pas normal a été un premier pas et surtout, j'ai arrêté d'attendre que lui réalise l'étendue de l'injustice.
Bref, j'ai pris mes responsabilités parce qu'on est pas que des victimes, nous sommes parfois aussi nos propres bourreaux en nous enfonçant dans nos rôles de victimes.

 

Number 5  : les enfants aussi font leur part

Du coup notre mur du temps reprend du service et va être customisé avec la routine de la semaine de façon à ce que Minimog prépare elle-même son sac pour la danse, celui pour la piscine, etc.

Et comme je le disais dans mon précédent article, j'ai aussi simplifié notre programme.
Fini les journées blindées en activités et sorties qui m’obligeaient à courir partout et préparer un tas de trucs et vive la vie simple.


Number 6  : Instaurer des routines

Encore une fois, ce n'est pas dans mon caractère mais la routine, les choses qui reviennent régulièrement, surtout avec des enfants en bas âge, c'est autant de choses qui économisent le cerveau.
Bientôt on teste même la routine des repas pour simplifier le combo courses/préparation et keskonvamangécesoir.


Number 7 : je demande de l'aide avant qu'il ne soit trop tard y compris à l'extérieur du foyer.

Ça ne diminue certes pas ma charge mentale à proprement dit mais ça m'évite d'être saturée.
En ce moment l'élément le plus important est le sommeil. Mon fils étant loin (looooiiiiin) de faire ses nuits, j'accuse une fatigue parfois proche de l'épuisement.
Du coup j'accepte de laisser Papa-san faire la grasse matinée mais en échange, il s'occupe des gamins si j'ai besoin de faire la sieste.
Pour qu'ils ne fassent pas de bruit ça finit souvent devant la télé (le meilleur allier des papas...) mais je vous avoue que là je ne suis pas regardante du moment que je peux me reposer !
 
Et je peux vous dire que la première fois que les deux enfants sont restés en vacances chez papi et mamie j'en ai profité pour :
- (ranger la maison) dormir
- (faire un grand ménage) geeker
- (finir les peintures des chambres) lire, lire, lire
- (préparer les repas de la semaine) manger au restau  


Number 8 : savourer chaque victoire

Ça fait un peu revanchard mais quand je peux pointer une petite victoire sur mon tableau, ça me fait du bien.
Notamment au niveau des remarques désobligeantes

Vous je sais pas mais moi, en plus d'en faire beaucoup, souvent plus que lui, à ses yeux je n'en faisais jamais assez et il ne se gênait pas pour me le dire.

Mais là c'est fini, les remarques assassines de l'Homme qui rentre du travail sur tout ce que je n'avais pas fait alors que "j'étais à la maison avec les enfants, [et que] je n'avais que ça à faire" (véridique).
Fini les "C'est facile".

"C'est facile". Alors celle-là , je peux vous dire qu'il me l'a envoyé un jour dans les dents mais qu'il se l'ait reprise 10 fois en retour depuis que je rentre le soir de ma dure journée de labeur et que je retrouve la même vaisselle qui traîne, le même bazar sur la table et la même poussière dans les coins.

Je ne suis pas non plus sur son dos à tout bout de champ pour déverser ma rancœur.
La replongée dans "Les homme viennent de mars..." m'incite à ne pas en faire des caisses.

Je sais, il sait, je sais qu'il sait, et il sait que je sais qu'il sait.
Il crèverait plutôt que de l'admettre mais je crois que depuis tout temps, les victoires des femmes se font ainsi : il faut choisir entre la gloire, qu'il ne nous céderont jamais qu'au prix de batailles sanglantes où acquérir de vraies victoires sur le terrain dans l'ombre.
Et puis le but n'est pas d'entrer dans un ping-pong de reproches à qui aura le dernier mot, mais de construire un équilibre au sein de la famille.

Alors je le laisse se gausser de sa nouvelle position de papa au foyer qui assume et qui assure, je souris aimablement, laissant paraître ma fierté devant cet homme si compétent (et après tout le portrait au vitriol que j'ai tiré de lui ici je peux bien le dire, un tas d'hommes ne feraient pas ce qu'il fait aujourd'hui).

Mais en aparté je lui balance quelques piqûres de rappel savamment dosées si besoin est :
"Tu vois mon chéri, quand tu rentrais du travail et que tu voyais l'évier dans cet état tu te fendais d'une remarque assassine et excédée à mon égard. 
Tu remarqueras que quand les rôles sont inversés, j'ai la décence de ne pas faire de même. 
J'espère que tu apprécies.
Je ne m'étendrais pas sur tout ce que je pourrais dire en ces circonstances. 
Les mots sont inutiles, je sais que la vie me donnera raison".
Que je savoure comme il se doit ;-)



En conclusion :

J'ai pris le parti d'être responsable de ma situation et de ne pas me poser en victime.
Aussi, plutôt que de m'échiner à expliquer les choses en espérant l'Illumination à un homme peu enclin à sortir de sa zone de confort, j'ai impulsé le changement dans le foyer.
Sans tambour ni trompette histoire de ne pas braquer Monsieur (je ne suis jamais arrivée avec mes 8 points en Power Point et conférence sur le thème "Mon p'tit gars, les choses vont changer désormais").
Bien sûr, j'aurais préféré qu'il fasse tout cela de lui-même. Mais plutôt que d'être déçue que cela n'arrive pas, j'en viens à être heureuse de voir les choses changer et mon homme jouer le jeu, même inconsciemment.
Et puis si c'était moi l'héritière d'un système qui me place en être supérieur depuis ma plus tendre enfance, voire la nuit des temps, aurais-je l'envie de descendre de mon piédestal pour réaliser l'injustice de la situation ?
Bon ok, c'est ce que je fais en choisissant de vivre plus sobrement, plus écologiquement et en consommactant mais je reste quand même un membre bien établi des privilégiés de la race humaine qui vivent au dépends des autres.
Serait-on plus prompt à réparer les injustices mondiales que celles qui règnent au sein de notre foyer? 

L'important c'est que quand je me tourne vers ma fille (et mon fils) je me dis que par mon exemple, je leur montre que mon vagin et de prétendues compétences naturelles et innées ne m'obligent pas à être l'esclave de la maison et que je peux choisir de lutter contre les injustices dont je suis victime sans pour autant entrer en guerre ouverte.
Et que quand je me tourne vers moi, j'ai le sentiment assez agréable de participer à mon propre bien être et mon propre respect.
Il parait qu'on est jamais mieux servi que par soi-même....



Number bonus : maintenant c'est MOI qui traîne au boulot avant de rentrer à la maison ! 
Gniark gniark gniark.